vendredi 13 mars 2009

Sommes nous amenés à devenir des Dieux ?

Voici un passage que je viens de lire dans "Le chemin le moins fréquenté" de Scott Peck.
Ce passage fait allusion au fait que nous sommes probablement amenés à devenir des Dieux ; mais c'est une idée terrifiante.

C'est une très vieille idée, mais nous cherchons à lui échapper car c'est l'idée la plus exigeante de toute l'histoire de l'humanité. Non parce qu'elle est difficile à concevoir, mais parce que si nous y croyons, cela signifie qu'il faut y consacrer toute sa vie.
C'est une chose d'avoir foi en un Dieu bon et généreux qui va prendre soin de nous depuis les hauteurs de Son pouvoir que nous ne pouvons même pas imaginer atteindre. Mais lorsqu'il s'agit de croire en un Dieu qui veut que nous arrivions à Sa position, à Son pouvoir, à Sa sagesse, à Son identité, c'est tout à fait différent.
Si nous admettons pour un homme qu'il est possible de devenir Dieu, nous sommes obligés de d'essayer d'atteindre ce qui est possible. Mais nous rejetons cette obligation. Nous n'avons pas envie de travailler si dur. Nous rejetons la responsabilité de Dieu. Nous ne voulons pas devoir penser et réfléchir en permanence. Tant que nous pouvons croire que la divinité est hors de portée, nous n'avons pas à nous soucier de notre évolution spirituelle, à nous pousser vers des niveaux toujours plus élevés de conscience et d'amour ; nous pouvons nous contenter d'être des hommes.
Si Dieu est dans Son paradis et que nous sommes ici-bas, les deux sont incompatibles, et nous pouvons lui laisser toute la responsabilité de l'évolution de l'univers. Nous pouvons faire notre mieux pour nous assurer une vieillesse confortable, avec peut être d'heureux enfants et petits enfants, mais en dehors de cela, nous ne voulons pas être dérangés.
Ces buts sont déjà difficiles à atteindre, et il ne faut pas les dénigrer. Mais cela n'empêche pas que, dès que nous croyons qu'il est possible pour un homme de devenir Dieu, nous ne pouvons jamais nous reposer très longtemps, et encore moins nous dire : "Ca y est, j'ai fini mon travail." Nous devons constamment nous pousser à aller plus loin, à acquérir plus de sagesse. Cette croyance nous engage, jusqu'à la mort, dans une voie de travail sur soi et d'évolution spirituelle. Il n'est donc pas étonnant qu'elle nous rebute.
L'idée que Dieu nous tire activement vers Sa divinité nous met en face de notre paresse.

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